Ils ont créé leur entreprise, ou exercent une activité ayant rapport avec la création en indépendant. Ils ont grandi avec Internet, et ont créé ou expérimenté les nouveaux comportements relationnels en vigueur sur le web.
Sans avoir forcément étudié la question, ils renouvellent nombre de pratiques marketing, s’interrogent sur leur propre marque et sur la manière de se vendre, tout en réduisant la distance entre eux et leurs publics. Découvrez les nouveaux entrepreneurs de la création !
Episode #8 : Le Sound Designer Charli Circus
Je m’appelle Charli Circus, j’ai 27 ans, je vis à Paris. Je suis ingénieur du son, compositeur/producteur et designer sonore. J’ai commencé la musique il y a 20 ans, dans un choeur d’enfants réputé. J’ai longtemps hésité à devenir chanteur professionnel, mais l’hygiène de vie irréprochable que cette carrière demande m’en a dissuadé …
Parallèlement, j’ai fait des études à l’ISTS (Institut Supérieur des Techniques du Son) et multiplié les stages dans les studios d’enregistrement. En revenant d’un exil d’un an à Brighton, j’ai emprunté de l’argent et j’ai monté mon propre home studio pour pouvoir travailler sur des projets plus personnels, sans contrainte d’horaires. Depuis, je partage mon temps entre différentes entreprises audiovisuelles qui m’engagent comme ingénieur du son, et mon home studio où je travaille pour mes propres clients.
Ma petite entreprise.
Le travail d’ingénieur du son est très intéressant mais, malheureusement, un peu trop répétitif et ne demande pas assez de créativité. Je suis devenu indépendant pour pallier ces manques. Chaque semaine, je travaille sur des projets très différents les uns des autres, pour lesquels on me demande de donner ma vision des choses. On attend de moi que je sois créatif avant tout.
Aujourd’hui, je travaille beaucoup le son à l’image, pour la télévision, pour des films institutionnels, pour des courts-métrages, pour de la vidéo sur internet … Ce travail se partage entre composition musicale, design sonore et réalisation (enregistrement, mixage …). On me demande souvent de prendre en charge toute la partie sonore d’un projet, sur lequel il faut savoir être créatif tout en respectant son identité ; équilibre délicat !
Ton utilisation du web ?
Je me sers d’internet d’abord pour échanger, avec mes clients et mes collaborateurs. Il existe aujourd’hui des sites de partages de fichiers de plus en plus puissant (NDLR : zShare, YouSendIt, …). Je n’ai plus besoin de me déplacer pour montrer l’avancée d’un projet, je peux le faire de chez moi. De plus, quand je travaille sur le son, quelqu’un travail sur l’image en même temps. Ces sites me permettent de voir où les autres en sont, si les modifications qu’ils apportent impliquent des modifications de ma part, … Tout cela fait gagner énormément de temps !
Je m’en sers également pour m’informer. Je me dois d’être au courant des dernières avancés techniques liées à l’image et au son. Je suis inscrit sur des forums professionnels pour pouvoir avoir des réponses claires et rapides aux questions que je peux être amener à me poser. Je reçois également un certain nombre de newsletters chaque semaine.
Je me dois également d’être toujours capable de créer. Pour cela, il est important d’être le plus ouvert possible au travail des autres. Chaque musique et chaque son que j’entend, chaque vidéo que je vois, chaque photo, chaque dessin, film, travail graphique … nourrissent mon travail. Internet est l’énorme banquet qui permet de goûter à tout …
Je m’en sers également pour montrer mon travail. Les sites de partage vidéo (NDLR : sa page Dailymotion), blogs et autres myspace (NDLR : le myspace de Charli Circus et de son side-project Cassius Earl) permettent d’être visible très facilement. On n’est plus obligé de passer à travers tous les filtres de l’entertainment pour être diffusé. Ces filtres disparaissent dans les deux sens puisqu’il est également très aisé de recueillir les impressions immédiates des auditeurs/spectateurs. photo : Henwood’s
Pourquoi ces outils plutôt que d’autres ?
Je choisis d’abord mes outils internet pour la fonction qu’ils remplissent. En fait, je me sers d’internet presque uniquement pour mon travail. Je vais très peu sur des sites qui n’ont pas de rapport avec mon domaine d’activité. Ensuite, pour leur facilité et leur rapidité d’utilisation. Enfin, pour les échanges qu’internet permet avec les autres utilisateurs. Internet est un outil qui m’offre une qualité et un nombre de contacts élevé.
Internet a changé quelque chose dans ton secteur d’activité ?
Internet, mais également la numérisation du son, ont tout changé dans mon métier. C’est une véritable révolution pour nous. De plus en plus de gens travaillent de chez eux, avec des moyens plus restreint pour un résultat tout aussi bon.
Internet a tout rendu plus rapide. On peut aujourd’hui composer une musique, l’enregistrer et la diffuser dans la même journée, quand il fallait au moins plusieurs semaines il n’y a pas si longtemps.
Internet a facilité les collaborations. Quand j’apprécie le travail de quelqu’un, je peux lui dire, lui proposer des projets. Je peux travailler avec lui, même si on ne se voit pas souvent. Internet facilite ainsi la gestion de mon temps de travail.
Mais le web a également tendance à noyer la création. Il y a tellement de musiques, de films, photos ou vidéos sur la toile qu’il est de plus en plus difficile de faire le tri, ou de se distinguer. Une fois supprimés les filtres de l’entertainment dont je parlais tout à l’heure, les productions artistiques de qualités et celles plus faibles sont mises au même niveau. photo : Henwood’s
Des "gros coups" grâce à internet ?
J’ai participé à quelques projets qui ont été très vus/entendus, mais je ne considère pas cela comme des "gros coups". Je pense d’ailleurs qu’il n’y a pas vraiment eu de gros coup sur internet jusqu’à maintenant. Ça viendra !
Je n’ai pas fait non plus énormément de rencontres sur internet, à part quelques groupes que j’ai pu remixer, quelques journalistes que j’ai pu intéresser à mon travail, le TILT festival (NDLR : festival de remix et de clips vidéos) où je me suis rendu déjà 3 fois, et le label Travaux Publics qui m’a fait rencontrer en chair et en os des artistes qui me ressemblent.
Généralement, internet ne sert qu’à la prise de contact, la vraie rencontre vient après. Pour le moment, la seule rencontre que je n’aurais pas pu faire ailleurs est le groupe anglais The ME Band avec qui je vais collaborer sur leur prochain album. Tous les musiciens qui joueront sur cet album le feront de chez eux, des quatre coins du monde, sans se rencontrer physiquement.
En revanche, j’utilise beaucoup le web après chacune de mes rencontres. Je peux continuer à voir le travail des gens qui m’ont marqué longtemps après, voir leur évolution, envisager des collaborations avec d’autres que j’aurais totalement perdu de vue sans ça …
Voilà, la série "Les nouveaux entrepreneurs de la création", c’est terminé ! À bientôt …
très intéresant cette petite série d’interviews !!!
Cette serie d’article sur « les nouveaux entrepreneurs de la création » était très juste. Internet permet de se libérer des infrastructures et c’est aussi un espace encore libre qui est à investir. Heureusement qu’il existe encore des espaces « libres » où l’on peut entreprendre.
c’est vrai que si à la base ça répnd à un besoin, si c’est un petit peu étudié et fait intelligemment, un projet sur internet a de fortes chances de bien marcher grace à l’effet « accelérateur » du web.
Je dirai presque que Internet c’est un peu l’Amérique maintenant, il y a réellement tout à construire ;)
mais comme tout, il ne faut pas etre un mouton (et copier les concepts) ou se lancer sans avoir préparé son projet ou encore venir avec un projet dont on ne saisi pas l’intéret ou l’utilité.
D’ailleur je suis assez déçu de voir tant de clones de boutiques de tshirts façon lafraise, tant de clones de blog graphiques façon artskills ou tant de clones de blogs tendances façon Trendsnow … ou est l’imagination, la créativité et l’inventivité que diable ???
d’accords avec vous, il n’y a malheureusement pas assez de vraies innovations, mais plutot des copies de concepts qui marchent déjà … et surtout sur internet, car c’est plus facile de copier et de trouver une petite place.
Sinon j’aurai voulu savoir sur quels critères vous avez choisi les jeunes entrepreneurs ? profil, chiffre d’affaires, notoriété, références, … ?
C est vraiment trés intéressant !!!
Mais je connais cet homme ! Là où je vis c’est une star.
Merci pour vos commentaires.
Marie, les jeunes entrepreneurs ont été choisis parmi mon réseau de connaissances amicales ou professionnelles. Il représentait chacun un métier avec ses spécificités et usages, avec un conducteur : la création.
Mon seul regret est de n’avoir pas eu de réponse de mes « prospects » féminins ; ce qui peut donner une image exclusivement masculine de l’entreprenariat.
Merci pour cette série d’interviews!
je serai intéressé de lire dans le même format des interviews sur d’autres secteurs d’activités. Comment internet influe sur les modèles économiques de boîtes plus « classiques »…
Encore merci et on éspère à très vite sur trendsnow
Mr. K > pas de pb, je te ferai un prix d’ami :)
> Edouard > ce n’est pas moi le Mr K du com précédent, mais je suis tout de même preneur ;)
(à ce moment-là, ça sera plus cher hahaha)